Les Roms de Triel

L’autre jour, alors que le train qui m’emmène chaque matin au lycée roulait tout doucement, j’ai remarqué, derrière un petit bois, des caravanes bien cachées. Cela m’a rappelé un souvenir difficile. Il y a environ trois ans, je suis allée sur un terrain où vivaient des Roms. Je ne me suis pas retrouvée là-bas par hasard, non. Avec moi, des membres du Réseau Education Sans Frontières dont fait partie ma mère. J’avais insisté pour l’accompagner et elle m’avait prévenue que ça pouvait ne pas être beau à voir. J’ai effectivement été très choquée des conditions de vie des Roms, mais je n’ai jamais regretté une seule fois d’être venue.

Le RESF était là pour faire signer et aider à remplir des formulaires pour des demandes d’aide juridictionnelle. Je me souviens de la route sinueuse que nous avons dû emprunter pour aller jusqu’au camp. Des policiers avaient mis des gros blocs de pierre pour éviter toute entrée et toute sortie. Une fois arrivée, j’ai pu me rendre compte de la situation désolante que vivaient ces personnes. Il y avait des hommes, des femmes et des enfants de tous âges… Certains scolarisés alors que leurs parents étaient sur le point de se faire expulser.

En plus de vivre dans des caravanes insalubres, ils n’avaient pas de multiples façons d’obtenir de l’eau (pour se laver, pour le linge, boire, cuisiner) : soit il fallait en puiser dans une borne à incendie, soit il fallait aller en chercher à un distributeur gratuit d’eau dans la ville. En outre, la mairie avait refusé de leur fournir une benne à ordures.

Une femme du camp nous a parlé de la façon dont elle a été traitée à la préfecture. Elle expliquait qu’on s’était adressé à elle comme à un animal, sans un bonjour ni un regard. Cette même femme a également raconté qu’un jour, alors que son fils était fiévreux, le médecin n’est pas parvenu à accéder au terrain à cause des pierres entreposées par la police pour bloquer le passage.

Un peu plus tard, nous sommes allés sur un autre terrain où vivait la deuxième moitié de la famille. Ce n’était qu’à quelques centaines de mètres, dans un coin un peu plus isolé, un peu mieux caché par les arbres. La nuit commençait à tomber.

Les caravanes étaient dans un état tellement critique que c’était risqué de cuisiner dedans. Ils étaient obligés de faire à manger dehors, près des enfants qui jouaient là.

Si je n’avais pas accompagné ma mère, je n’aurais jamais pu découvrir cette réalité-là, le quotidien que peuvent vivre ces Roms. Cette famille de tsiganes chassés de leur patrie, la Roumanie. Cette famille de tsiganes chassés de leur pays de refuge : la France.

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