Se regarder dans un miroir

Se regarder dans un miroir et se trouver moche, ronde et boutonneuse. Et y voir là le reflet de son être.

Cette scène, je la connais bien. Pendant des années, j’y ai eu droit. Et pendant des années, les moqueries des autres ont accentué cette sensation. Pendant des années, j’ai su ce que ça faisait de se détester soi-même.

J’essayais de me convaincre de ne pas faire attention à ce que disaient les gens autour de moi. En vain… J’étais prisonnière. Alors on se renferme, on prend du poids, on se sent seul, on baisse la tête et les yeux, on devient exécrable, on n’ose plus sortir. Ma plus grande ennemie, c’était moi-même.

Le meilleur moyen que j’ai trouvé pour ne pas mourir étouffée, ça a été de prendre du recul. Un recul à la fois physique et psychologique. Couper les ponts, tout raser, et trouver de nouveaux matériaux pour construire des ponts neufs et plus solides. J’ai refusé d’aller à un lycée aux Mureaux pour ne pas retrouver toutes les personnes qui m’avaient enfoncée encore davantage dans ma propre merde.

Oui. Car j’étais une merde qui baignait dans ses propres excréments. Pardon d’employer des termes si crus, mais je crois qu’ils décrivent plutôt bien la violence de mon mal-être à l’époque.

J’ai déjà abordé ce sujet-là, mais je me sentais d’en reparler : la remise en question sur soi-même. Ça ne se fait parfois pas tout seul. Moi, j’ai été aidée par une psychologue. Elle ne m’a jamais fait la leçon, la morale. A chaque séance, elle me demandait simplement un bilan de ma semaine : mes activités, mes rencontres… J’avais l’impression que mes parents se faisaient arnaquer en payant la psy. Et puis un jour, après plusieurs années de fréquentation, ma psychologue leur a dit qu’il était temps d’arrêter. Ça faisait quelques mois que les séances étaient plus espacées. Et c’est au moment où on a arrêté que tout a commencé, justement. Je faisais le bilan toute seule de ma semaine. Je me demandais à moi-même le ressenti de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai fait et dit aussi. Si je n’étais pas allée voir cette psy, je n’aurais peut-être jamais fait cela.

J’ai alors, petit à petit, tenté de changer les choses pour qu’elles me conviennent. J’ai commencé une marche vers un objectif à atteindre, celui de devenir ce que je voulais ÊTRE au plus profond de moi. Pendant des années, je n’étais pas. Je n’étais rien (sinon de la merde).

Mes perpétuelles remises en question m’ont permise de constater que j’ai réellement évolué depuis ce déclic. Il y a ceux qui ont accepté de me voir tant changer et en si peu de temps, et puis les autres. Je peux notamment mentionner ma sœur ou ma tante, qui ont l’air de refuser d’admettre le changement qui s’est opéré.

Mais pour ces personnes-là je ne peux rien y faire. Il n’y a pas que moi qui devrais me remettre en question.

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À propos de Ameriquebecoise

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3 responses to “Se regarder dans un miroir

  • Strangereflexion

    Contente de voir tout le chemin que tu as parcouru. Tu es quelqu’un de bien et il ne faut jamais que tu en doutes. Ne t’occupes pas des gens qui passent leur temps à critiquer. Ils ne savent pas ce qui est bien, ce qui est beau.

    Tu es sûrement l’une des plus riches et merveilleuses personnes que j’ai rencontré. Pour les autres, s’ils n’acceptent pas le changement, tanpis pour eux. Tu vis pour toi, pas pour les autres et leur façon de te voir.

    Reste celle que tu es, celle que tu veux être. C’est comme cela que l’on t’aime.

  • karleyn

    Très joli billet, Mélina, aussi joli que ton caractère curieux et audacieux, aussi joli que ton profil souriant et que tes projets qui pétillent de partout ! Bonne suite de vie !

  • Sylvain Bérubé (@slyberu)

    Se prendre en main soi-même, faire son propre bilan, réfléchir, trouver ses rêves… et puis agir en conséquence ! Il y a beaucoup de maturité dans ces propos… maturité que certains mettent beaucoup de temps à trouver. De plus, ça sera utile lors d’autres coups durs de la vie : on ne les souhaite pas, mais si jamais ça arrivait, alors l’arbre se souviendra qu’il a des racines profondes qui pourront lui permettre de tenir et de puiser de l’eau pour la suite des choses. Encore une fois : wow pour ce cheminement exposé en très peu de mots, malgré tous les maux qu’il a pu faire vivre au gré des détours qui le composent.

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