Vivre, c’est aussi plein de bonheur

à Dragibus

Je ne mange pas
C’est au-delà du corps
Que je refuse tout ça
Je vomis même la mort
Je ne mange pas
Je perds toutes mes forces
Mais je ne lâcherai pas
De mon corps je divorce
Je ne mange pas
Je suis bien trop tenace
Mais je ne sais pas
Quelle est vraiment ma place
Je ne mange pas
Regardez-moi je meurs
Car quand je ne mange pas
Tout le monde à peur
Je ne mange pas
Traitez-moi de connasse
Car je ne sais pas
Pourquoi demander grâce
Je ne mange pas
Ça me fout la nausée
De vous voir là
Je meurs si vous partez
Je ne mange pas
Je maigris vos sourires
Je ne mange pas
Je vous aime, c’est ça le pire

Elle disait que vivre était cruel
Elle ne croyait plus au soleil
Ni aux silences des églises
Même mes sourires lui faisaient peur
C’était l’hiver dans le fond de son coeur
Elle disait que vivre était cruel
Elle ne croyait plus au soleil
Ni aux silences des églises
Même mes sourires lui faisaient peur
C’était l’hiver dans le fond de son coeur
Le vent n’a jamais été plus froid
La pluie plus violente que ce soir-là
Le soir de ses vingt ans
Le soir où elle a éteint le feu
Derrière la façade de ses yeux
Dans un éclair blanc

Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l’temps qu’la rivière coule
Elle y pense dans la rue et dans la classe
En pleine solitude et en pleine foule
Elle y pense chaque fois que le train passe
Et puis sur chaque pont qu’elle traverse
Chaque fois qu’elle refoule ou qu’elle renverse
Une larme d’enfant et de détresse
Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l’temps dans la voiture
Derrière ses parents qui la conduisent
À l’école, au marché ou à l’église
Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l’temps à la maison
Quand elle ouvre le tiroir des rasoirs
Ou la petite porte des flacons
Elle y pense chaque fois que le train siffle
Chaque fois qu’elle essaie d’aller moins mal
Chaque fois qu’elle avale ou qu’elle renifle
Une dose à grimper sur les étoiles
Elle y pense chaque fois que le train passe
Chaque fois qu’un regard tombe sur elle
Chaque fois qu’elle tombe sur le regard
Que le regard ne l’a pas trouvé belle
Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l’temps qu’la rivière fuit
Elle voudrait s’envoler dans l’espace
Elle voudrait s’enfoncer dans l’oubli
Elle y pense chaque fois que le train passe
Elle y pense tout l’temps qu’l’océan danse
À marée haute comme à marée basse
Au début comme à la fin des vacances
Elle y pense et pourtant, elle se retient
Elle y pense et pourtant, loin en dedans
Chaque foutue fois que passe le train
Elle a pas envie de s’planter devant
Elle y pense chaque fois mais elle attend
À deux pas de ces rails qu’elle connaît bien
Elle y pense chaque fois mais elle attend
De trouver la façon d’y penser moins
Elle attend qu’on lui vide sa cargaison
Et que dans le courant d’un grand fou rire
En voyant s’éloigner l’dernier wagon
Elle oublie de penser qu’elle veut mourir

J’ai des cicatrices plein la peau, et quelques-unes dans mes souvenirs
Y’a des rescapés partout, j’suis qu’un exemple, ça va sans dire
Ça doit se sentir, faut pas se mentir, la vie c’est aussi la guérison
Après la foudre, prends-toi en main et redessine ton horizon
Je fais partie de ceux qui pensent qu’y a pas de barrière infranchissable
Il faut y croire un peu, y a bien des fleurs qui poussent dans le sable
Et c’est quand tu te bats qu’il y a de belles victoires que tu peux arracher
Comme se relever avec une moelle épinière en papier mâché
Je n’apprends rien à personne, tu es vivant tu sais ce que c’est.
Vivre c’est accepter la douleur, les échecs et les décès
Mais c’est aussi plein de bonheur, on va le trouver en insistant.
Et pour ça, faut du coeur et un mental de résistant.

———————————————-

Nicolas Fraissinet. Françis Cabrel. Lynda Lemay. Grand Corps Malade.

Publicités

À propos de Ameriquebecoise

De la vie au théâtre et du théâtre dans ma vie. Voir tous les articles par Ameriquebecoise

One response to “Vivre, c’est aussi plein de bonheur

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :