Archives mensuelles : juin 2013

Anappétence

«A table !», crie maman. Ce midi, et comme chaque midi, elle remplit mon assiette. Alors je mange. Doucement. Morceau par morceau. Je compte les bouchées. Une assiette pleine. «A table !», crie maman. Ce soir, et comme chaque soir, elle remplit mon assiette. Alors je mange. Doucement. Morceau par morceau. Je compte les bouchées. Une assiette pleine.

Trapèze maquillé, même à la maison. Il ne faut pas qu’ils le découvrent.

Mon réveil sonne. L’aube sommeille encore. Ils dorment encore, eux aussi. Yeux (fermés). Poings (fermés). Mes « douches » sont nuitales. Dit-on nuitales ou nuisibles ? Bref, nuit. L’index est majeur. Je suis à deux doigts de lâcher prise. Me voilà vide. Les « douches » me soulagent. Elles m’enlèvent un poids. Des loups et des anges sont là pour me maintenir et me tenir la main. «A table !». Le cri de ma mère résonne encore.

Cette souffrance que je n’arrive pas à digérer. L’estomac noué. Il y a ce quelque chose resté coincé en travers de ma gorge. L’encre nage. L’engrenage. Oui, je pousse mon corps à ses limites. Au risque d’aller au-delà. Cette sensation qui paraît si agréable, quel goût amer laisse-t-elle dans la bouche ?

Je n’arrive pas à apprécier le reflet que m’offre mon miroir. Je me trouve à vomir. Jet froid. J’ai froid. J’…effroi.

Ana. Un seul N pour tant de haine. Ana. Ce nom mystérieux. Ce nom sans sens, comment le lire ? Moi à l’envers, d’autres à l’endroit. «A table !». Le cri de ma mère résonne encore. En corps.

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Avec un grand A

J’ai perçu toute la portée de cet amour qui m’entoure et me berce. Parfois les mots les plus simples sont les plus efficaces et merci merci merci merci merci merci merci d’être avec moi en toutes circonstances même quand toi de ton côté ça flanche et penche. J’aimerais entendre ta voix. J’aimerais rire et sourire à tes côtés, percevoir la richesse de cette rencontre, de nos mots, partager encore et toujours larmes ou joies et surtout te remercier de ta présence unique, douce, bienfaisante, apaisante. Cette petite lueur d’espoir et de force que tu continues toujours de faire brûler avec quelques phrases, quelques mots, ma main que tu as prise et que tu ne lâches pas. Déjà tant de mots mais ils ne suffisent pas à te transmettre tout ce qui se trouve au fond de moi, tout ce que je voudrais te dire mais qui ne peut s’exprimer malgré la beauté de notre langue française. Mais sache que tu as ta place toute entière dans ce cœur que je veux continuer de faire battre et que tu alimentes sans cesse d’une nouvelle vie, d’une force sauvage et résistante aux épreuves. Et même si parfois mon cocon s’effrite, mes illusions, mes rêves, tu me donnes un nouvel envol. Tu sais me donner des ailes. Je t’aime.