Archives mensuelles : juillet 2013

Mon jardin imparfait

Ça y est. J’y suis. Dans ce pays «dont nul voyageur n’a repassé la frontière». Dans ce lieu sans longitude ni latitude. C’est donc à cela que ressemble l’après. C’est donc cela qui se trouve de l’autre côté de cette barrière qu’on ne franchit qu’une seule fois. Être ou ne pas être.

Désormais j’ai tout le temps du monde pour regarder derrière moi. Qu’ai-je oublié d’accomplir avant de m’en aller ? J’ai oublié l’insouciance de l’enfance, les cris de joie sur la balançoire, le plaisir d’être assis face au vent et de caresser le ciel avec mes petites mains. J’ai oublié la douceur de l’amour, la jouissance de nos deux corps, le plaisir d’être allongé contre elle et d’embrasser ses lèvres brûlantes. J’ai oublié la chaleur de la famille, les exclamations à chacune de nos retrouvailles, le plaisir d’être en sécurité et de se protéger mutuellement dans cette bulle réconfortante. J’ai oublié la complicité de l’amitié, la chance de pouvoir y trouver les forces qui me manquent, le plaisir de pouvoir faire confiance et de partager rires pleurs angoisses expériences. J’ai oublié la flamme de la curiosité, les étonnements de la découverte, le plaisir d’avoir sans cesse des choses à apprendre et ne jamais m’ennuyer du monde. J’ai oublié la tranquillité de l’âge, la quiétude de l’expérience, le plaisir de trouver en moi une sagesse d’esprit et ne plus craindre les remords. J’ai oublié d’être heureux.

Où est le bonheur ? Où est ce monde sans longitude ni platitude ? Existe-t-il après cette barrière une autre barrière qu’on ne franchirait qu’une seule fois ? Être ou ne plus être.

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