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Adelphes

Aujourd’hui c’est la journée nationale de lutte contre

Tu te dis

Tu aurais donné n’importe quoi en échange d’une seule journée

Tu aurais donné n’importe quoi 

Mais que te restait-il ?

La confiance 

Il n’y en avait plus

L’estime de soi 

Il n’y en avait plus

L’espoir 

Il n’y en avait plus

.

Tu te demandes encore 

Comment tu as fait pour t’en sortir 

Pour te retenir d’en finir

.

Tu ne sais pas quoi dire aux enfants que tu rencontres 

Qui sont de ceux 

Qui sont de celles

Comme tu l’as été

Tu ne sais pas quoi leur dire à ces enfants

Tu ne sais pas comment les aider

Et tu les comprends de se pendre au bout d’une corde ou 

De s’immoler par le feu   

Il n’y a pas de métaphore ici

Il n’y a pas de métaphore ici

La violence est nue

On parle de cadavres

On parle d’enfants qui 

Se tuent 

À cause de 

Ça

Dont c’est la journée nationale de lutte contre

On parle d’enfants pour qui 

Crever ou disparaître 

Semble être l’unique horizon 

Possible

Et tu les comprends

Tu sais à quel point c’est concevable

Tu es de ceux 

Tu es de celles 

Pour qui c’est 

Concevable

.

Tu te demandes encore 

Comment tu as fait pour t’en sortir 

Pour te retenir d’en finir

.

Tu ne connais personne 

À qui ça n’a pas laissé quelque écorchure

Même cicatrisée

Demeurent toujours ou bien des plaies béantes

Des crevasses à jamais

Ou bien des boucliers à l’autre

Des cœurs blindés

Tu fais partie de ceux

Tu fais partie de celles

À avoir survécu

À être passé·e au travers

À n’en vouloir à personne

À avoir appris quand même à aimer et accueillir l’amour 

Mais tu as appris aussi à te protéger

À glisser des doigts 

Et laisser glisser sur toi

Tu ne connais personne

À qui ça n’a pas laissé quelque empreinte 

Même résiliente 

.

Tu ne blâmeras personne

Ni les harceleurs ni les harceleuses

Et leur meurtrière responsabilité 

Ni les témoins passifs ni les témoins passives

Et leur silence complice

Ni les enseignants ni les enseignantes 

Et leur consternation de bonne figure

Ni les pères ni les mères 

Et leur aveuglement et leur transmission et leur hypocrisie et leur trop grand pouvoir 

Tu ne remercieras personne 

Sinon toi-même 

D’avoir préféré faire avec

Plutôt que de faire contre

D’avoir préféré suivre tes désirs

Plutôt que tes peurs

D’avoir préféré t’épuiser de passion

Plutôt que d’amertume

.

C’est peut-être ça qu’il faut leur dire

À ceux

À celles

Des mêmes larmes 

Du même sang 

Ne blâme personne ne remercie personne ne compte que sur ta vie fais avec suis tes désirs épuise-toi de passion et si tu ne connais pas de passion trouve-la ou invente-la n’attend rien personne glisse laisse glisser ta force te fera justice aime-toi deviens l’exemple de toi-même sois ce que tu veux être sois ce que tu es sois

C’est peut-être ça que tu devrais leur dire

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